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Raoul Vaneigem

La meilleure histoire de la contre-culture
"Pour en finir avec le travail" de Jacques Le Glou
Vaneigem fait feu sur la justice bourgeoise
La Vie s'écoule de Raoul Vaneigem
Le redoutable équipage de Siné Hebdo
Dimanche 31 Aot 2008
Ni talion ni pardon par Raoul Vaneigem
Ath Jeudi 17 Juillet 2008
On peut dire de Raoul Vaneigem, comme Berlioz de Meyerbeer, qu’« outre le bonheur d'avoir du talent, il a toujours possédé le talent d'avoir du bonheur ». Pour prendre une beurrée avec le grand queux du meilleur lilivre de notre préhistoire (le Traité de savoir-vivre à l'usage des jeunes générations), qui a si bien su faire rimer en l'espèce le joyeux cri de janvier 1792 des mutinées de l'île d'Yeu (« Il faut égorger tous les bourgeois ! ») avec les programmes fabuleux de Joseph Déjacque et Charles Fourier (« L'attrait est leur seule chaîne, le plaisir leur seule règle... »), nous avons choisi de mettre toute la lyre sur ses minouchettes défenses et illustrations de l'ultra-violence rasl'bolique.
(a) Des revanches galbeuses
« Si quelqu'un me gifle sur la joue gauche, je lui ferai sauter la gueule avant de tendre la joue droite.
« Partout oú elle s'exerce (la brutalité policière), les bons esprits de gauche en dénoncent à juste titre l'infamie. Et puis après ? Incitent-ils les masses à s'armer ? Provoquent-ils de légitimes représailles? Encouragent-ils une chasse aux flics comme celle qui orna les arbres de Budapest des plus beaux fruits de l'AVO? Non, ils organisent des marches pacifiques.
« Par le jeu des antagonismes, il suffira qu'à la lâcheté des petits-bourgeois flicards cesse de répondre la lâcheté des amis des victimes et des victimes en puissance pour que la tactique des représailles l'emporte sur les manifestations d'exorcisme et le scoutisme protestataire.
(b) Du terrorisme rocambolesque
« L'organisation spectaculaire incite plus impérativement à la violence que les anarchistes du passé.
« Même inversée, la volonté de vivre garde un potentiel de violence toujours près de dévier des chemins qu'on lui trace. Le larbin fidèle qui s'identifie au maître peut aussi l'égorger en temps opportun. Il arrive un moment oú son privilège de mordre comme un chien excite son désir de frapper comme un homme.
« Quand il faudra frapper pour te libérer vraiment, frappe pour tuer ! les mots ne tuent pas.
« Ma sympathie pour le tueur solitaire s'arrête oú commence la tactique, mais peut-être la tactique a-t-elle besoin d'éclaireurs poussés par le désespoir individuel.
« Quand l'exemple de la bande à Baader se répandra, comme tout s'agence pour y inciter, le procureur subira le châtiment qu'il s'inflige, par personne interposée, chaque fois qu'il réprime chez les autres son propre refus des humiliations.
(c) Des étripages remontants
« Que se rencontrent dix hommes résolus à la violence fulgurante plutôt qu'à la longue agonie de la survie, aussitôt finit le désespoir et commence la tactique.
« Comment liquider la haine sans liquider sa cause? La barbarie des émeutes, le pétrolage, la sauvagerie populaire, les excès que flétrissent les historiens bourgeois, c'est précisément le vaccin contre la froide atrocité des forces de l'ordre et de l'oppression hiérarchisée.


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